Obscène tourisme spatial

Caprice spatial

On n’arrête pas le progrès ! Cet adage revêt depuis quelques décennies une tournure pour le moins kafkaïenne, tant ce progrès emprunte de nouvelles technologies qui n’ont rien d’essentiel si ce n’est le profit. Au prétexte d’une « croissance économique » indispensable, paraît-il intrinsèque au consumérisme non bridé, pour le « bonheur » et le plaisir des peuples, les classes aisées entendent concrétiser les rêves que tout humain ferait, bien au-delà de celui d’Icare, à savoir, voyager dans l’espace. le « maître » de l’absurde, s’en retourne vertigineusement dans son cercueil tant l’insensé extrait d’humanité pousse l’imbécile vanité des richissimes ennuyeux à rivaliser avec les astres, alors que les plus humbles – et fort heureusement – resteront confinés sur le plateau des vaches.

Jeff Bezos – que l’on ne présente plus – a concrétisé son septième ciel le 20 juillet, en décollant vers l’espace avec sa capsule New Shepard. Neuf jours plus tôt, le milliardaire Richard Branson l’avait précédé pour la même raison : voir la planète bleue d’en haut. Ou d’en bas. Question relative à l’espace, vu que, être en bas ou en haut, à droite ou à gauche, ne signifie rien, si ce n’est de cette vanité de vouloir voir et prendre les choses de haut.

Les mass-média s’en sont donné à cœur joie, relatant les deux événements comme information prioritaire.

Outre Richard Branson lui-même, des célébrités comme

Leonardo DiCaprio ont déjà réservé un billet pour l’espace. Keystone

(suite…)

La PAC anti écologique

Nouvelle PAC = impasse écologique

Le 23 octobre dernier, le Parlement européen votait la nouvelle Politique agricole commune (PAC) qui conditionne son cadre budgétaire pour les sept prochaines années (2021-2027). Au grand désarroi des écologistes et de la gauche, cette nouvelle PAC est pire que la précédente en ce qui concerne, notamment, la redistribution des aides aux producteurs-trices bio.

Pour la Gauche Unitaire Européenne (GUE) : « Les négociateurs de ce Parlement ont déjà décidé de nous envoyer dans le mur, fulminait dans l’hémicycle le député FI, Manuel Bompard. Leurs accords opaques de dernière minute et leurs passages en force s’apprêtent à signer l’arrêt de mort de centaines de milliers d’agriculteurs, de la biodiversité et du climat ».

Le 1er janvier 2019, Ursula von der Leyen, l’ex-ministre fédérale allemande et membre de la CDU, accédait à la présidence de la Commission européenne. Elle plaçait son mandat sous le signe de la lutte contre le changement climatique, armée du Green Deal (Pacte vert) ; les Verts avaient voté en sa faveur. Or « la Commission von der Leyen n’a pas revu la copie et n’a intégré aucun élément du Green Deal, précisait Benoît Biteau, député Verts à l’origine d’un amendement de rejet de l’ensemble de cette nouvelle PAC, ceux qui travaillent à base de pesticides et d’engrais de synthèse continueront à toucher autant d’aides directes, rien ne les incitera à diminuer leur usage d’entrants chimique».

(suite…)

C’est qui les malfaiteurs

Nous sommes toutes des malfaiteurs !

Communiqué du Réseau d’Autodéfense  Juridique RAJCOL réunissant des groupes antirépression et Legal Team de toute la France – A retrouver ici :

https://rajcollective.noblogs.org/post/2021/05/25/malfaiteurs-de-tous-les-pays-unissons-nous/

 

Renforçons nos solidarités face à la police, la prison et la justice

Le 20 juin 2018, le village de Bure se réveillait avec près de 200 gendarmes déployés, l’arrestation de 8 personnes et la perquisition de 11 lieux de vie et d’organisation de la lutte contre le projet d’enfouissement de déchets nucléaires. Le procès se tiendra le 1er, 2 et 3 juin prochains. Les personnes arrêtées sont accusées de former une « association de malfaiteurs », accusation fourre-tout, à la fois très lourde de conséquences en termes de peine (jusqu’à 10 ans de prison et 150.000 euros d’amende) et dont l’usage est éminemment politique.

(suite…)

Crise climatique : «Le zéro émission nette» est un piège dangereux

Crise climatique :

«Le zéro émission nette»

est un piège dangereux

Nous présentons ici un document qui fait peu parler du sujet, et que A l’encontre a traduit pour les internautes de langue française. Par James Dyke, Robert Watson et Wolfgang Knorr

Parfois, la réalisation arrive dans un flash aveuglant. Les contours flous se dessinent et soudain tout prend un sens. Sous de telles révélations se cache généralement un processus beaucoup plus lent. Les doutes au fond de l’esprit grandissent. Le sentiment de confusion lié à l’impossibilité de faire coïncider les éléments entre eux augmente jusqu’à ce qu’un déclic se produise. Ou peut-être un simple clic.

Les trois auteurs de cet article ont dû passer plus de 80 ans, collectivement, à réfléchir au changement climatique. Pourquoi avons-nous mis si longtemps à dénoncer les dangers évidents du concept de «zéro émission nette»? Pour notre défense, le principe du «zéro net» est d’une simplicité trompeuse – et nous admettons qu’il nous a trompés.

Les menaces de changement climatique sont le résultat direct de la présence d’une trop grande quantité de dioxyde de carbone dans l’atmosphère. Il s’ensuit donc que nous devons cesser d’en émettre davantage et même en supprimer une partie. Cette idée est au cœur du plan actuel du monde pour éviter la catastrophe. En fait, il existe de nombreuses suggestions sur la manière d’y parvenir, de la plantation massive d’arbres aux dispositifs de haute technologie de capture directe de l’air qui aspirent le dioxyde de carbone de l’air.

Le consensus actuel est que si nous déployons ces techniques et d’autres techniques dites «d’élimination du dioxyde de carbone» en même temps que nous réduisons notre consommation de combustibles fossiles, nous pourrions arrêter plus rapidement le réchauffement de la planète. Si tout va bien, vers le milieu de ce siècle, nous atteindrons le «zéro net». Il s’agit du point où toute émission résiduelle de gaz à effet de serre est compensée par les technologies qui les éliminent de l’atmosphère.

En principe, c’est une excellente idée. Malheureusement, dans la pratique, elle contribue à perpétuer la croyance en un salut technologique et à diminuer le sentiment d’urgence entourant la nécessité de réduire les émissions dès maintenant.

Nous sommes arrivés à la douloureuse constatation que l’idée du «zéro net» a autorisé une approche imprudente et cavalière du type «brûlez maintenant, payez plus tard» qui a vu les émissions de carbone continuer à monter en flèche. Cette approche a également accéléré la destruction du monde naturel en augmentant aujourd’hui la déforestation, et augmente considérablement le risque d’une nouvelle dévastation à l’avenir.

Pour comprendre comment cela s’est produit, comment l’humanité a mis en jeu sa civilisation sur de simples promesses de solutions futures, il faut revenir à la fin des années 1980, lorsque le changement climatique a fait irruption sur la scène internationale.

 

(suite…)