Renouée du Japon & autres invasives

A propos des espèces envahissantes

Et des réels dangers qu’elles représentent

 Ces espèces, dites exotiques, sont aussi bien végétales qu’organiques. Chez ces dernières, les espèces complètent l’ensemble de la gamme animalière : oiseaux, mammifères, reptiles, mollusques, amphibiens, invertébrés, crustacés, poissons et insectes.

Animales ou végétales, la multiplication de leur présence dans une région quelconque, hors de leur environnement originel, entraine une modification de l’écosystème, chamboulant la biodiversité de la région colonisée au risque majeur de la défigurer, voire de la détruire lorsque une propagation s’accroît rapidement selon l’espèce invasive.

S’il est bien entendu que toute espèce vivante sur la planète fut colonisatrice à un moment ou à un autre, par une raison humaine ou non, les bouleversements résultants sont rarement bénéfiques si ceux-ci s’opèrent dans une période à moyen terme (quelques décennies).

La renouée du Japon

Notre intérêt immédiat portera sur les plantes envahissantes, et tout particulièrement sur la renouée du JaponFallopia japonica – Polygonaceae – originaire de Chine et du Japon ; c’est l’espèce la plus prolifique et la plus dangereuse pour un écosystème. Si cette renouée est installée dans notre région depuis plus d’une cinquantaine d’année, avec une présence localement limitée, elle progresse substantiellement et colonise depuis une décennie toujours plus de surface.

Renouée du Japon – St Amarin – terrain communal – Juillet 2018

La plante aurait été importée par un médecin bavarois vers 1840. Tout comme l’ambroisie, l’arbre à papillon, ou la balsamine de l’Himalaya, etc. Ces invasives ont été transportés par les humains.

Bien qu’on évoque la renouée de Japon, des espèces différentes de renouées sont invasives : la renouée de Sakhaline – Fallopia sachalinensis ou Reynoutria sachalinensis – et la renouée hybride – Reynoutria X bohemica. La première, moins répandue, mais plus imposante que celle du Japon, peut facilement atteindre les quatre mètres. La seconde, est issue d’un croisement entre celle du Japon et celle dite de sakhaline. Elle pourrait être née dans les zones colonisées par les parents, prenant des caractéristiques intermédiaires.

Ses lieux de prédilections se trouvent le long des cours d’eau, le long des voies ferrées, dans les milieux perturbés (bord des routes, talus…), et partout où la lumière du jour n’est pas obstruée par une végétation dense, avec une préférence pour les milieux acides et riches. Toutefois, elle ne se gênera pas pour s’attaquer à une forêt si à l’orée sa présence est imposante.

Sa croissance est très précoce et très rapide : elle peut même pousser de 25 cm par jour. Elle concurrence la végétation en place : ses rhizomes sécrètent des substances toxiques afin de détruire les autres plantes. De plus, et c’est un détail de poids, cette renouée n’a pas à se protéger d’une plante prédatrice, selon les connaissances actuelles, elle n’en a pas.

La vallée de la Thur, notamment, est aujourd’hui, considérablement colonisée, on peut l’apercevoir facilement, en voiture ou en train. En particulier cette année 2018 où le printemps fut chaud & humide.

Un massif de renouée du Japon peut constituer un mur végétal pouvant atteindre près de trois mètres. Si l’hiver sera propice à son dessèchement, idem en cas de grande sècheresse, son système racinaire n’en souffrira pas et repartira de plus belle à la saison suivante.

Sa puissance de dissémination est inouïe ! Son rhizome a des capacités de résistance énorme, un fragment, gros comme une bille, peut reconstituer un massif après dix années de latence. Elle se bouture également sans difficulté à partir de petits bouts de tige.

La reproduction par dispersion des graines à la fin de l’été est marginale sous nos latitudes ; bien que l’espèce hybride existe.

En revanche, la dispersion de ces invasives est clairement anthropique. Se sont les diverses et variées activités humaines qui seules portent la responsabilité de la propagation, volontairement ou non.

Toutes les plantes ne sont pas invasives. Seule une plante introduite sur mille le devient. Pour qu’elle devienne invasive, elle aura besoin de caractéristiques intrinsèques, dans un milieu favorable à sa reproduction et dispersion.

L’introduction volontaire représente les 2/3 des introductions totales : principalement ornementales : jardins privés, aquariophilie (contenu de l’aquarium jeté dans la nature), collectivités : jardins publics, ronds-points…

Les conséquences sont de trois ordres : environnemental (dégradation de la biodiversité), sanitaire (en particulier pour l’ambroisie, urticante), économique (impacts sur l’agriculture, dans l’élevage, le tourisme, les coûts pour les combattre…).

    

Renouée du Japon – hauteur édifiante – impénétrable – Bitschwiller-Lès-Thann – Juillet 2018

Quels moyens combatifs ?

Aucune technique d’éradication définitive de la renouée du Japon n’existe ! Or, du Canada aux Ballons des Vosges, de la Savoie à l’Afrique du Sud, des botanistes, des biologistes, des écologues, cherchent un moyen, sinon de l’éradiquer, au moins de la contenir. Idem pour l’ambroisie, la balsamine de l’Himalaya.

En France, des collectivités locales, régionales, ou des organismes experts en biologie botanique ont pris à bras le corps le problème, malheureusement leurs luttes sont clairsemées selon les régions et les préoccupations. Les formations envers les personnels des collectivités, par exemple, ont bien eu lieu, mais le suivi reste au dépend de leurs priorités ; nombreuses dans notre société actuelle et alors que les budgets souffrent de réductions récurrentes.

Or, la lutte contre les invasives telle la renouée doit être une priorité pour tous et toutes : collectivités et particuliers : terres publiques & terres privées. La biodiversité, souffrant déjà des diverses pollutions, de la diminution drastiques des insectes et des oiseaux, les invasives telles les renouées ou la balsamine de l’Himalaya risquent bien à moyen terme de faire disparaître entièrement des écosystèmes.

Balsamine de l’Himalaya – Bitschwiller-Lès-Thann – terrain privé – Août 2018

Les moyens de lutte sont spécifiques, si l’arrachage est possible pour l’ambroisie et la balsamine de l’Himalaya, il en ai tout autre pour la renouée. Pour en savoir davantage, vu que diverses expérimentations sont, ou été en cours, il importe pour les particuliers d’étudier ces divers processus : quand couper la plante et, ou décaisser le terrain, comment et ou la stocker, nettoyage des outils (indispensable), replanter (le saule des vanniers, ou certaines herbacées), etc. Il doit en être de même pour les collectivités. Celles-ci doivent, notamment à travers les communes, former les personnels à une spécialisation de la gestion des cours d’eau, au choix de l’embellissement floral des jardins publics… Ainsi que de tenter différents moyens de lutte : selon le type de plante et de milieu. Les moteurs de recherche sur le web, ne sont pas dénués d’informations spécifiques (textes, vidéos).

A proscrire, l’utilisation phytosanitaire tel le Roundup, ou tout autre herbicide non biodégradable, qui d’ailleurs a été testé ; sans efficacité !

Malheureusement, la prise de conscience collective, notamment en Alsace, est globalement si timide, que l’Agence de l’eau abandonne la lutte suite à la propagation de ces dernières années, tel Don Quichotte contre les moulins à vent. Idem à la ComCom de Cernay-Thann : ses prérogatives ne sont absolument (et sauf erreur) pas suivis par ses communes.

Pourtant, dans le Bassin de l’Yzeron (69) la renouée est maîtrisée : https://www.riviere-yzeron.fr/renouee-maitrisee/

En Grande Bretagne, est organisé un duel entre un insecte, l’Aphala Itadori, pour venir à bout de la renouée. Les canadiens, dont leurs milieux naturels ont été amplement envahis, ne désarment pas…

Le sujet est un intérêt collectif et sociétal d’importance, et donc éminemment politique. Les citoyen-nes, sensibles à cette problématique doivent faire pression sur l’ensemble du monde politique, quel que soit le niveau. Il est d’ailleurs étonnant que les écologistes politiciens ne soient pas sensibles au problème, rappelons-le, grave.

Différents liens proposés sur ces plantes : listées ; présentées ; comment les combattre ; qui fait quoi ; des témoignages ; des pdf à télécharger ; des vidéos :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_d%27esp%C3%A8ces_invasives_class%C3%A9es_parmi_les_plus_nuisibles_au_XXIe_si%C3%A8cle

http://www.smabb.fr/

https://www.codeplantesenvahissantes.fr/plantes-concernees/

https://www.parc-ballons-vosges.fr/agir/2013-renouee-balsamine-comment-gerer-les-plantes-invasives-le-long-des-cours-deau/

http://www.fredon-alsace.fr/

https://www.delitdimages.org/mefiez-de-renouee-japon-video/

https://www.riviere-yzeron.fr/renouee-maitrisee/

http://patrimoine-seixois.fr/les-plantes-invasives-2-la-renouee-du-japon-renoutria-japonica/

https://www.codeplantesenvahissantes.fr/code-de-conduite/cartographie-des-entreprises-engagees/

http://www.europarl.europa.eu/news/fr/press-room/20140411IPR43471/un-plan-europeen-contre-les-especes-exotiques-envahissantes

https://www.youtube.com/results?search_query=les+plantes+invasives

Le 8 août 18.

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