Nous voulons des coquelicots

Des communes pour les coquelicots : Pdf en fin d’article

https://www.franceculture.fr/ecologie-et-environnement/comment-lutilisation-de-pesticides-na-cesse-devoluer-ces-dix-dernieres-annees#xtor=EPR-2-[LaLettre28032019]

Les coquelicots vont enfin fleurir

C’est magnifiquement simple : nous allons chambouler la France en y plantant des graines par dizaines de millions. Nous comptons bien fleurir en même temps des milliers de lieux. Des bords de chemin ou de canaux, les abords des mairies et de tous les lieux de pouvoir, des toits pourquoi pas, des places, placettes et même ronds-points, des entrées et des sorties de villes, des promenades, des parcs et des jardins, des esplanades, tout ce que vous voudrez et imaginerez.

Qu’on se le dise, aucune ville, aucun village ne doivent être épargnés. Car il s’agit de créer ensemble des îlots de rêve, des surfaces provisoires où la beauté sera à nouveau reine. Mais que va-t-on planter? Eh bien des coquelicots, pardi! Mais pas que; toute graine locale que vous aurez sous la main fera l’affaire. Vous verrez dans une petite vidéo comment notre ami Philippe Desbrosses parle du miracle des coquelicots.

Attention, attention, attention! 2019 ne sera qu’un galop d’essai, car la consécration attendra 2020. Cette année, compte tenu de délais très courts, plantez où vous pourrez ce que vous trouverez qui poussent près de chez vous: des graines d’orge ou de blé, des bleuets, des coquelicots bien sûr, mais aussi bien des tournesols ou des courges. Notre but est limpide: essaimer ensemble, et montrer ce que nous sommes et ce que nous voulons.

Les obstacles à notre projet sont immenses, mais où serait notre plaisir si tout nous était donné? Sachez que Paris et Grenoble viennent d’ores et déjà d’accepter le fleurissement dans des lieux hautement symboliques! Et vous pouvez et devez faire de même auprès des centaines de communes où se déroulent les rassemblements mensuels des Coquelicots. Le moment venu, avec un peu et beaucoup de chance, nous aurons réalisé un chef-d’œuvre éphémère dont on parlera dans la moindre chaumière.

Il ne reste plus qu’un détail: s’y mettre sans tarder.

Comment l’utilisation de pesticides

n’a cessé d’évoluer ces dix dernières années

28/03/2019 (mis à jour à 06:00)

Par Fiona Moghaddam et Roméo Van Mastrigt

L’objectif était ambitieux, il s’est révélé inatteignable. En 2008, le gouvernement lance le plan Écophyto et souhaite réduire de 50% l’usage des pesticides en France. Pourtant, leur utilisation a souvent augmenté ces dix dernières années.

 L’utilisation des pesticides a augmenté de 15% entre 2011 et 2017• Crédits : Claude PrigentMaxppp

Jusqu’au 30 mars 2019, l’association Générations Futures, accompagnée d’une cinquantaine d’organisations nationales, coordonne la Semaine pour les alternatives aux pesticides. L’objectif est de lutter contre leur utilisation en proposant d’autres moyens, plus écologiques et bénéfiques pour l’environnement et la santé. Car malgré des politiques volontaristes pour réduire l’usage de pesticides en France, la tendance est plutôt à la hausse.

Des indicateurs en hausse

Pour connaître la consommation de pesticides en France, les autorités tiennent généralement compte du NODU pour “Nombre de doses unités”, calculé à partir des quantités de produits vendues en France. Mis en place en 2007, lors du vote du plan Ecophyto, le gouvernement de l’époque espérait voir diminuer ce Nodu de moitié à l’horizon 2018.

Un échec puisque, au contraire, en dix ans, le Nodu n’a quasiment pas cessé d’augmenter, passant de 76 millions en 2008 à 94,2 millions en 2017.

En 2009, le NODU annuel était de 85 millions, en 2016, il approchait 95 millions.

Mais le Nodu n’est pas l’indicateur idéal, en tout cas, pas pour l’Union des industries de la protection des plantes (UIPP). L’UIPP préfère évoquer le nombre de substances actives utilisées, qui, lui, a fortement diminué depuis les années 1990. À l’époque, 110 000 tonnes environ étaient déversées contre environ 60 000 tonnes ces dernières années.La France est le deuxième pays consommateur de pesticides en Europe, derrière l’Espagne. Mais rapporté au nombre d’hectares, ce classement place la France en neuvième position.
Eugénia Pommaret, directrice générale de l’UIPP

Pourtant, le nombre de tonnes déversées a augmenté de 15% entre 2011 et 2017, pour s’établir aujourd’hui à environ 65 000 tonnes, alerte Générations Futures. Même si l’utilisation des produits les plus dangereux, ceux classés comme cancérogènes, a reculé de 6 % en 2017.

Des quantités vendues mais pas toujours déversées

Les experts s’accordent sur certaines limites du NODU. En effet, les quantités de pesticides vendues ne sont pas automatiquement déversées sur les terres. “Si les parcelles ne sont pas affectées par des insectes ou des maladies, l’agriculteur peut ne pas utiliser le produit”, explique Laure Mamy, chercheuse à l’Inra et spécialisée sur l’impact des pesticides sur l’environnement.

Jean-Paul Douzals, directeur de recherches à l’Irstea (Institut national de recherche en sciences et technologies pour l’environnement et l’agriculture) confirme et évoque aussi les disparités régionales. “La vigne représente par exemple un million d’hectares en France. Dans certaines régions, il y a une réduction significative des quantités de pesticides. Pour d’autres, ce n’est pas le cas, en raison des problématiques climatiques qui peuvent affecter le vignoble.”

Certaines années, il peut y avoir une forte baisse de l’usage de pesticides parce qu’il n’y a pas de problèmes parasitaires dans les cultures. Et dans d’autres régions, des conditions climatiques très défavorables vont avoir une forte pression parasitaire et les agriculteurs vont être amenés à traiter plus. L’usage de pesticides dépend également du type de culture et du contexte pédologique.
La chercheuse Laure Mamy

Ces données sont donc difficiles à analyser année par année et d’une manière globale, selon ces deux spécialistes.

Pourquoi une telle hausse ?

Quel que soit l’indicateur retenu pour évaluer l’utilisation de pesticides, leur utilisation est en hausse en France ces dix dernières années. Pour Générations Futures, cela s’explique par la frilosité du monde agricole d’arrêter les pesticides : ils sont un moyen de se protéger face aux aléas climatiques.

“Dans certains cas, il n’y a pas d’alternatives aux pesticides” ajoute Laure Mamy. L’objectif pour un agriculteur, même lorsqu’il souhaite réduire l’utilisation de pesticides, étant de mener à bien sa récolte. “En cas d’événement climatique important, l’utilisation de produits [phytosanitaires] reste un moyen pour les producteurs de sécuriser leur production et donc leur revenu. C’est le principal frein à cette question de réduction des doses” précise Jean-Paul Douzals.

Une étude publiée en 2015 montre aussi que la surface des terres fortement consommatrices de pesticides a augmenté sur la période 1989-2012, ce qui a joué sur l’accroissement de l’usage des produits phytosanitaires. En revanche, entre 2008 et 2012, les auteurs évoquent plutôt “une adaptation des pratiques de protection phytosanitaire face aux variations inter-annuelles de la pression des bio-agresseurs et/ou de la conjoncture économique” qu’une modification de l’occupation des sols pour expliquer la hausse de l’utilisation des pesticides.

Entre 1989 et 2012, la surface des terres consommatrices de pesticides a fortement augmenté (en rouge) selon une étude de l’Inra sur l’usage des pesticides datant de 2015• Crédits : Inra

Générations Futures mentionne également les coopératives agricoles qui s’occupent à la fois de vendre des pesticides aux agriculteurs et de les conseiller sur leur utilisation. Ce conflit d’intérêt devrait être réglé avec la loi Agriculture et alimentation.

Quelles alternatives ?

De nombreuses alternatives sont déjà en place pour tenter de diminuer l’utilisation de pesticides. Il y a déjà la diminution des doses en elles-mêmes. Il faut tenir compte de la densité de végétation sur une terre et adapter la quantité de produit en fonction. Un dosage que Jean-Paul Douzals compare à celui d’un médicament, qui s’applique selon l’âge et le poids d’une personne. “Si les agriculteurs jouent la sécurité, ils appliquent la pleine dose tout le temps et ce n’est pas intéressant, ni d’un point de vue agronomique, ni environnemental”, ajoute le chercheur. Autre méthode pour éviter une consommation excessive, n’utiliser du désherbant qu’un rang sur deux dans les vignes ou vergers.

Le désherbage mécanique est aussi recommandé, à la place du chimique. À l’Inra, Laure Mamy et ses collègues ont accompagné plusieurs projets de recherches en méthodes alternatives. À commencer par la diversification des cultures. Les maladies et les parasites sont spécifiques pour chaque culture. En réimplantant chaque année les mêmes cultures, la pression parasitaire se renforce. Changer de cultures régulièrement permet de réduire cette pression et de limiter le recours aux traitements chimiques.

Entre chaque culture, pour éviter que les terres ne soient nues l’hiver, des cultures intermédiaires sont utilisées. Bien souvent, elles ne sont ni récoltées ni rentables et sont simplement détruites avant la semence des futures cultures, et du désherbant est dans ce cas utilisé. Laure Mamy prône l’introduction de cultures intermédiaires gélives, comme le trèfle ou la moutarde, qui seront détruites avec les premières gelées de l’hiver. “Le sol est protégé, l’enfouissement des résidus de culture apporte de la matière organique au sol et va l’enrichir pour la prochaine culture”, détaille la spécialiste.

Des produits de bio-contrôle basés sur des micro-organismes (des coccinelles par exemple), des substances d’origine naturelle (l’huile de menthe verte) et des phéromones sont aussi à l’étude. Leur efficacité devra être durable sans modifier l’environnement, les écosystèmes ni avoir d’effet néfaste sur la santé humaine pour que les tests soient concluants.

“Ces méthodes alternatives ont montré que l’usage des pesticides peut être réduit de façon significative, jusqu’à 80% voire plus dans certains cas”, affirme Laure Mamy. Une généralisation qui prend du temps reconnaît la chercheuse, en raison de la formation nécessaire et de l’investissement en nouveau matériel nécessaires pour l’agriculteur.

Aujourd’hui, seule 6,5% de la surface agricole française est classée bio en France. Le gouvernement entend la porter à 15% d’ici 2022.

Des communes pour les coquelicots

2019-03-08 Mot° Coquelicots St-Amarin

 

2019-03-08 Mot° Coquelicots MOOSCH

 

2019-03-26 D15 Mot° Coquelicots GOLDBACH-Altenbach

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