Lynx tué dans les Vosges

Un lynx a été tué dans la vallée de la Thur

               Ce malheureux et inexplicable événement est un acte de barbarie et d’imbécilité de trop !

C’est pourquoi nous avons décidé de nous mobiliser et d’organiser une marche pacifique (manifestation) pour la sauvegarde et la protection de la vie sauvage dans la vallée de la Thur.

Nous sommes déjà 500 membres dans le groupe “Ma Thur sauvage” ! C’est tout simplement ÉNORME ! Nous n’en attendions pas tant et espérons vraiment qu’un maximum de personnes pourront être présents et gonfler les rangs de notre marche !!
La nature n’est pas fragile… elle est fragilisée ! Fragilisée par l’ingérence humaine ! La vie sauvage est résiliente lorsque son écosystème est respecté dans son essence et sa totalité !! Nous l’avons déséquilibré… et ce depuis longtemps …
Mais nous avons les moyens de rétablir cet équilibre en laissant vivre et en protégeant cette belle nature dont nous faisons partie !

                                                           Déroulé de la marche :
▪️ Rendez vous au CAP de Saint-Amarin samedi 15 février à 13h30
▪️ Départ de la marche 14h30
▪️ Nous remonterons Saint-Amarin sur l’axe principal jusqu’au rond point (celui qui dessert Mitzach, le magasin Auchan et le haut de la Vallée vers Ranspach).
▪️ Là bas, nous nous posterons aux abords du rond point pendant 1h de sorte que l’on soit visible depuis les voitures qui s’engageront sur la route.
                                        Sur le rond-point nous ne devrons en aucun cas :
1) Se mettre en danger sur la route
2) Obstruer la route et nuire à la bonne circulation des voitures (le but étant que le maximum de voitures passent et nous voient).
▪️ Le retour au parking du CAP de Saint-Amarin se fera normalement en empruntant les trottoirs.
Dès la semaine prochaine nous vous communiquerons quelles associations seront présentes et la presse aussi ! Nous ferons aussi un point sur les pancartes et banderoles.
À très vite – Pour les personnes qui en ont la possibilité : nous trouver sur Facebook Ma Thur sauvage

 

Plan régional d’actions Lynx Massif des Vosges
publié le 21 janvier 2020 (modifié le 27 janvier 2020)

Contexte et objectifs du plan :

Le Lynx boréal (Lynx lynx, ci-dessus) est l’une des trois espèces de grands carnivores présentes en France. Il se nourrit principalement d’ongulés sauvages (chevreuils, chamois) bien qu’il puisse parfois consommer des proies domestiques (moutons, chèvres). Ce régime alimentaire est à l’origine de conflits avec deux catégories d’acteurs, les chasseurs et les éleveurs, pour lesquels la coexistence avec le félin peut être difficile. Par ailleurs, le Lynx est un mauvais colonisateur. À ce titre, la restauration de la connectivité fonctionnelle de son habitat est un élément clé de sa conservation.

Aujourd’hui, l’état de conservation du Lynx dans le Massif des Vosges est critique. L’espèce, pourtant protégée par différents textes de lois au niveau national et européen, est au bord de l’extinction. C’est dans ce contexte que le CROC a initié en 2016 la rédaction du Programme Lynx Massif des Vosges (PLMV) afin de rétablir l’état de conservation du Lynx dans le massif. Ce travail a été réalisé dans une démarche concertée et partagée avec les acteurs du territoire.

La rédaction du PLMV a débuté officiellement fin 2016, avant l’inscription du Lynx sur la liste des espèces prioritaires pour les politiques publiques en France (2017) et le lancement de la rédaction de deux plans nationaux d’actions. Dans ce contexte, un rapprochement entre les trois initiatives pour leur mise en cohérence a conduit à la reconnaissance des actions du PLMV, jusqu’à devenir, pour l’avenir, la Déclinaison régionale du PNA Lynx « Massif des Vosges ».

Finalement, après trois années de travail, la rédaction du Plan régional d’actions (PRA) a permis la définition d’une stratégie à long terme restituée dans 18 fiches actions répondant à cinq enjeux cruciaux (coexistence avec les activités humaines, restauration de la connectivité écologique, réduction de la mortalité d’origine anthropique, consolidation des suivis et des coopérations, sensibilisation et communication).

À partir de 2020 et pour une période de 10 ans avec un bilan à mi-parcours (2024), le PRA sera placé sous la responsabilité de l’État qui en assurera le pilotage et en déléguera l’animation à une structure locale. Sa réussite s’appuiera sur l’engagement des acteurs du territoire et sur la poursuite de la démarche participative initiée lors de sa rédaction.

Consultations réglementaires :

Le Plan régional d’actions Lynx Massif des Vosges a fait l’objet d’un avis favorable du Conseil scientifique régional du patrimoine naturel, en date du 13 janvier 2020.

Avis CSRPN

Conformément à l’article L.123-19-1 du code de l’environnement, une consultation du public est organisée à propos du Plan régional d’actions Lynx Massif des Vosges.
La consultation du public se tient du 21/01/2020 au 11/02/2020

Le public est invité à envoyer ses observations à l’adresse suivante :
consultation-publique-especes.dreal-grand-est@developpement-durable.gouv.fr

Pour l’envoi de pièces jointes supérieures à 2Mo, utilisez Melanissimo :
melanissimo-ng.din.developpement-durable.gouv.fr

Merci de bien vouloir préciser dans l’objet du courriel le nom du projet : PRA Lynx

Document faisant l’objet de cette consultation du public :

Plan régional d’actions Lynx Massif des Vosges

http://www.grand-est.developpement-durable.gouv.fr/plan-regional-d-actions-lynx-massif-des-vosges-a19133.html?fbclid=IwAR2NUc9Ixhffu7dH81WOQiLzQk4FGfzA3e41jbxYDY4bk4EO1NmwxhiwDF0

 

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COMMUNIQUE DE PRESSE

La conservation du lynx dans les Vosges : science et compétence plutôt que défiance et connivence

L’Observatoire des Carnivores Sauvages (OCS) organisme effectuant le suivi de terrain du lynx sur le massif vosgien, tient à apporter les éléments suivants suite à la destruction illégale d’un lynx sur la commune de Fellering (Haut-Rhin) à la mi-janvier.
Le lynx eurasien est en danger critique d’extinction dans les Vosges, ce qui lui vaut de figurer sur la liste rouge des mammifères menacés de France métropolitaine (UICN France et al. 2009, 2017).
Suite à une réintroduction considérée unanimement comme un échec pour différentes raisons (Vandel et al. 2006, Biological Conservation), l’espèce n’a cessé de régresser sur le massif, principalement du fait de destructions illégales (12 cas documentés). Dans le même temps, son habitat est resté favorable à l’établissement d’une population viable à l’échelle du massif (Basille et al. 2008, Ecological Modelling). De même, les prélèvements cynégétiques de chevreuils par unité de surface boisée n’ont cessé de croître dans le Grand Est au cours des dernières décennies pour atteindre actuellement 6 individus/100 ha (Dorioz et al. 2019, rapport d’étude). La principale ressource alimentaire du prédateur est donc présente en nombre sur le massif puisque les attributions et les réalisations sont fixées en fonction des niveaux d’abondance par espèce. Toutes les conditions écologiques sont donc réunies pour y accueillir une population de lynx prospère. Malheureusement, la diversité génétique de la population vosgienne réintroduite est la plus faible d’Europe (Bull et al. 2016, Conservation Genetics) et affecte donc fortement sa viabilité à court terme. Les dernières opérations de piégeage photographique intensif menées par les services de l’État abondent dans ce sens puisqu’aucun lynx n’a été contacté entre 2013 et 2016 (Gimenez et al. 2019, Ecology and Evolution).
Fin 2019, l’Observatoire des Carnivores Sauvages estimait la population de lynx dans les Vosges à 5 individus constitués de 3 animaux provenant des lâchers allemands dans le Palatinat (Arcos, Libre et Brano), 1 animal (Oslo) de provenance inconnue et suivi par l’OCS depuis fin 2018, et 1 animal non identifié. Tous les lynx identifiés dans le massif vosgien au cours des dix dernières années sont des mâles, tout comme l’individu tué récemment par balle sur la commune de Fellering. Le dernier cas de reproduction documenté sur le massif date de 1997 (Herrenschmidt in Vandel et Stahl 1998, Encyclopédie des Carnivores de France) et un accouplement a encore été photographié par Alain Laurent (OCS) dans les Hautes-Vosges en 2008.
Suite à la pression des associations de protection de la nature, l’État a lancé en 2019 un plan national d’action en faveur du lynx, reprenant par la même occasion un plan d’action régional (Plan Lynx Massif Vosgien) dont la rédaction a laborieusement duré trois ans (2016-2019). A la lecture du document produit, on peut légitimement s’interroger quant à la plus-value de son contenu par rapport au Plan d’Action pour la Conservation du Lynx eurasien en Europe (Breitenmoser et al. 2000), publié vingt ans auparavant par le Conseil de l’Europe dans le cadre de la Convention relative à la conservation de la vie sauvage et du milieu naturel de l’Europe (Convention de Berne) et de la LCIE (Large Carnivore Initiative in Europe). Bien au contraire : pour des raisons politiques, partisanes et arbitraires, le plan d’action régional ne prévoit aucune action de renforcement de population au cours de ses dix premières années d’existence, alors que tous les spécialistes s’accordent sur ce sujet et que toutes les publications scientifiques vont dans ce sens du fait de l’extrême faiblesse des effectifs et du degré de consanguinité de la population vosgienne. De même, aucune action prévoyant le remplacement d’animaux en cas de destruction illégale ne figure dans ce plan d’action. Des pays comme l’Allemagne (Palatinat), la Slovénie et la Croatie (Alpes juliennes et Alpes dinariques) montrent l’exemple à suivre, aidés en cela par un monde cynégétique et des administrations bien plus au fait des réalités écologiques et du fonctionnement des écosystèmes que dans nos régions.
L’amélioration du statut de conservation du lynx dans les Vosges ne pourra se faire sans l’apport à court terme de nouveaux animaux et notamment de femelles afin de permettre la reproduction de l’espèce, de limiter la consanguinité au sein de la population, et de favoriser les échanges avec les populations voisines (Jura, Palatinat). De même, toute perte d’individu par destruction illégale devrait être a minima compensée par le lâcher d’un ou deux animaux.
La conservation du lynx doit s’affranchir des querelles intestines entre pro-ceci et anti-cela, des batailles d’image et de leadership, des intérêts personnels et financiers ou encore des luttes d’ego. Elle doit mobiliser l’ensemble des structures actives et compétentes au sein d’une gouvernance partagée, seule garante de résultats concrets, efficaces et pragmatiques.

Contact : Alain LAURENT, Président 0608657172 / alain.laurent36@orange.fr

Observatoire des Carnivores Sauvages – 19, rue du Printemps – 68690 Geishouse – ocs.asso@gmail.com

Association inscrite au Tribunal d’Instance de Thann, Volume 46-Folio 63

www.observatoire-carnivores-sauvages.fr

 

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