Les non motards en colère

Assez du vacarme des motos dans le massif vosgien !

Après des fins de semaines de boucan incessant sur les routes des crêtes et des vallées du Massif vosgien, provoqué par des motards, et comme c’est le cas dès le retour de la belle saison au fil des ans, en dehors de toutes règles, « SOS Massif des Vosges » et le « Collectif  pour la quiétude et la sécurité dans le Massif des Vosges » avait appelé à un pique-nique géant de protestation le dimanche 19 juillet à midi au col de la Schlucht.

Le rendez-vous est un franc succès, puisqu’entre 350 et 400 personnes se sont réunis en pleine période estivale.

Mais voilà des années que les pouvoirs publics font la sourde oreille pour des plaintes des riverains des vallées – et des associations représentatives –  qui ne peuvent sortir dans leur jardin sans devoir supporter un tintamarre digne de l’industrie de la sidérurgie ; trop c’est trop !!!

Après cette première, SOS Massif des Vosges fait un communiqué :

Dimanche 19 juillet le pique-nique protestataire contre le bruit et l’insécurité routière a réuni plus de 400 personnes au col de La Schlucht. Cette mobilisation est un vrai succès et nous adressons un grand merci aux participants connus ou inconnus, maires, conseillers communautaires et municipaux qui ont fait le déplacement, certains à pied ou à vélo, d’autres à motos ou en voitures.

Cette mobilisation est une première dans le massif des Vosges et a permis à tous les habitants des cinq départements et aux usagers du massif de constater qu’ils étaient soumis aux mêmes nuisances du nord au sud, de l’est à l’ouest.

Le constat et les causes sont clairs et partagés par tous. On peut les résumer ainsi : les week-end de beau temps sont dans le massif des Vosges des périodes où il est désormais impossible de profiter de son jardin pour les riverains et de la nature pour tout le monde. Il est également très dangereux d‘emprunter les routes du massif pour tous les usagers respectueux, qu’ils le fassent à vélos, à motos ou en voitures. Les nuisances sonores produites par de nombreux motards sur des engins hors normes et les conduites périlleuses, dangereuses pour eux et les autres usagers de la route sont la cause principale du problème. Nous n’ignorons pas les voitures de sport et autres engins motorisés.

Ces nuisances sont en augmentation constante depuis plusieurs années et ont connu un paroxysme lors des week-end post confinement. L’exaspération est à son comble. Des associations, des particuliers alertent depuis plusieurs années les élus et les autorités et leur demandent de prendre des mesures. Courriers, pétitions rien n’y fait, on laisse courir. Cela n’est plus acceptable et avec une majorité de riverains et d’usagers nous ne l’acceptons plus.

Des solutions efficaces, faciles à mettre en œuvre sans attendre, existent, nous en avons proposé quelques unes.

  • La limitation de la vitesse à 40 Km/h (vitesse paysagère), sur la route des crêtes et les parties sommitales du massif, Champ du feu, massif du Donon, environs du Struthof …
  • La réduction à 60 Km/h sur l’ensemble des autres routes du massif.
  • La fermeture aux véhicules à moteur de tronçons significatifs de la route des Crêtes, entre le col de la Schlucht et le col du Calvaire par exemple, partie de la route qui traverse de part en part la réserve naturelle nationale du Gazon du Faing et qui affecte fortement ses objectifs de protection de la faune et de la flore.
  • La fermeture de la route d’accès au Hohneck qui transforme ce sommet emblématique des Vosges, en parking embouteillé et en zone massivement piétinée et ravinée, où plus aucune végétation ne peut prospérer.
  • La mise en place de contrôles sérieux et ciblés, tant de la vitesse que du bruit (il existe aujourd’hui des radars de bruit qui peuvent être déployés en points fixes ou mobiles).

Ces mesures se complètent entre elles et présentent l’avantage d’envoyer un message fort et clair à tous les usagers du massif : celui-ci est une zone naturelle où le calme et la quiétude sont la norme.

Les cinq départements du massif sont en capacité de se coordonner et de mettre en œuvre ces mesures. La proposition de table ronde avancée par le PNRBV (Parc naturel régional des Ballons des Vosges) n’est qu’une tentative de botter en touche et de noyer le poisson. Le PNRVB a malheureusement, depuis longtemps, perdu toute crédibilité en matière de protection de la nature et de l’environnement. Il annonce d’ailleurs lui-même : « qu’il n’a aucun pouvoir de décision ». Nous ne participerons pas à cette table ronde qui n’est qu’une machine à tourner en rond !!

Que les exécutifs des cinq départements s’emparent maintenant du problème pour y apporter des vraies solutions sans attendre, alors nous répondrons favorablement à toute invitation de leur part. Nous les sollicitons d’ores et déjà afin qu’ils nous reçoivent dans les délais les plus brefs.

Des contacts avec des associations et collectifs nationaux et européens, engagés sur les mêmes problématiques, sont pris afin de porter ensemble des propositions de modifications législatives et réglementaires pour le renforcement de la protection des massifs montagneux, des zones naturelles et de leurs habitants devant les différentes assemblées élues.

La pétition peut être signée en ligne sur ce lien : http://www.sos-massifdesvosges.fr/?p=1035

Mardi 20 juillet 2020

SOS Massif des Vosges et le Collectif contre le bruit et l’insécurité dans le massif vosgien

Contact : contact@sos-massifdesvosges.fr

Pour en savoir davantage, aller sur le site de SOS massif des Vosges.

Quand le quotidien les DNA interviewe des motards 

https://c.dna.fr/environnement/2020/07/20/video-les-vosges-paradis-des-motards Par Enzo DUBESSET

Face aux habitants qui se plaignent des nuisances sonores, les amateurs de deux-roues se disent compréhensifs mais ne comptent pas abandonner le massif.

Les routes qui montent jusqu’au Ballon des Vosges ne sont pas périlleuses uniquement à cause de leurs virages en épingle. Motards et vélos s’y livrent une concurrence féroce au point qu’il est impossible de dire quel deux-roues est le plus représenté. « Les vélos se plaignent de nous et nous, on se plaint des vélos », résume Jonathan Fosset, venu de Belgique pour explorer les cols vosgiens.

Au pied du Ballon, des dizaines d’autres motards marquent une pause et admirent le point de vue. Parmi eux, Agata Wildner, alsacienne d’origine polonaise, vante son « style de vie motard » qui lui permet d’«admirer les paysages et de sentir les odeurs de la nature » à chaque fois qu’elle part en balade amoureuse avec son mari sur leur Harley Davidson.

Les Allemands à la conquête des Vosges

L’association SOS Massif des Vosges, déplore particulièrement « l’afflux supplémentaire de motards allemands » lié aux mesures contraignantes instaurées pour les motos sur le territoire de la Forêt-Noire. Au Ballon des Vosges, une bonne partie des véhicules sont effectivement immatriculés outre-Rhin.

Dan Deck, un de ces « bikers » allemands, avoue ne pas « aimer ces mesures ». Il estime « qu’on devrait avoir le droit d’aller n’importe où et qu’il ne faut pas opposer les motards avec le reste de la population ». Mais s’il s’est rendu pour la première fois dans les Vosges ce week-end avec son groupe, ce n’est pas à cause du laxisme des normes françaises, mais tout simplement par ce que « le trafic est moins important dans les Vosges que dans la Forêt-Noire », qui reste visiblement une destination très convoitée. Pour Sven Brassel, venu depuis Pforzheim, dans le Bade-Wurtemberg, pour faire un road-trip dans la région, le problème reste le même quel que soit le pays et quelles que soient les mesures : « Il y a des normes pour la pollution sonore et tout le monde ne les respecte pas. Chez moi, tout est légal. »

« Les routes appartiennent à tout le monde »

Cette bronca des habitants apparaît bien absurde à la Agata Wildner : « On peut se sentir envahis par tout, même par le son de cloche de l’église du village en restant chez soi […] Les routes appartiennent à tout le monde et ici, elles se prêtent à la moto. Il faut aussi comprendre le plaisir que nous prenons. » Plus mesuré, Jonathan Fosset, reconnaît à demi-mot que son deux-roues est particulièrement bruyant mais tempère aussitôt : « On ne va pas se voiler la face, on roule un peu plus vite que les voitures. En tant que motard, je pense qu’une moto qui fait un peu de bruit c’est mieux pour la sécurité de tout le monde, en tant que local, je peux comprendre que ça peut être dérangeant. »

Le Wallon regrette en revanche la stigmatisation progressive des deux-roues qu’il a pu observer en vingt ans de route. Pour lui, ces « conflits entre différents intérêts » sont essentiellement liés à la densification du trafic, « qu’il soit de motos, de voitures, ou de touristes ». Pas de quoi blâmer le motard lambda. D’autant plus que, pour lui, il y a tout un intérêt économique pour les locaux à attirer les deux-roues : « Ça fait venir des touristes, ça permet à des gens de travailler, et puis je suppose que c’est saisonnier, ça dure pendant trois, quatre mois, ça fait partie du jeu… ».

Réaction de la Fédération Française des Motards en Colères (FFMC), qui affirme “être prête à contribuer aux solutions”

Se disant « prête à rechercher des solutions avec tous les acteurs », la FFMC 90 a installé dimanche un relais de mesure du bruit des moteurs au col du Ballon d’Alsace.

Dimanche, tandis que quelque 400 personnes participaient au col de la Schlucht à un pique-nique de protestation, la FFMC 90 et la FFMC 88 ont installé un Relais calmos au Ballon d’Alsace et au col du Bonhomme. « Notre objectif était de passer un message de modération et de proposer des mesures de bruit des motos », précise par voie de communiqué la FFMC 90. Au Ballon d’Alsace, sur 50 motos passées au contrôle sur la base du volontariat, « moins de 10 % généraient trop de bruit » relève l’association de défense des droits et intérêts des motocyclistes. « Nous leur avons conseillé d’être attentifs au bruit notamment sur les traversés de villages ».

« Trouver des solutions contre une petite frange irrespectueuse »

Soucieuse de « préserver à chacun le droit de circuler dans le respect de l’autre », la FFMC 90, sur la même longueur d’onde que sa fédération nationale, rappelle qu’elle est « pour la formation, l’appel au bon sens et au respect de chacun, pour le partage de la route. Il faut trouver des solutions contre une petite frange irrespectueuse. Mais nous sommes contre des solutions qui tiennent plus à la punition collective et qui, par définition, sont contre-productives car non comprises, donc non admises. Cela n’a que pour résultat de générer des regains de tensions entre usagers » argumente-t-elle.

La fédération des motards précise qu’elle participera au Tour de table auquel elle est invitée par la PRNBV.

Alors que la circulation motos, autos & camions augmente sans cesse, les accidents de motos croissent également, selon le site de Permis à Points : https://www.permisapoints.fr/moto/accident-moto-principaux-risques

le nombre d’accidents de la route chez les motards a augmenté en 2017, avec 669 décès. Alors qu’ils ne représentent que 2 % du trafic routier, les usagers de deux-roues motorisés constituent 43 % des personnes blessées graves et 22 % des personnes tuées. La vitesse excessive – première cause de la mortalité sur les routes de France, puis l’alcoolémie et l’inattention sont particulièrement responsables de ces drames.

Néanmoins, nombre de ces drames surviennent aussi suite à de mauvais conducteurs en voiture, qui ne voient pas, ou ne voient que trop tard un deux roues arriver à toute allure.

Les accidents en motos concernent surtout les plus jeunes, entre 25 et 34 ans. Les plus anciens sont bien plus attentionnés, ils ont aussi des “machines” qui font bien moins de bruit ; il y a mille manière de faire de la moto, comme de la voiture, de la bicyclette ou de la voile. Il ne s’agit donc pas de s’engager dans un “lynchage” médiatique et social, mais de faire progresser la conscience sociale et environnementale. Car en effet, on ne peut plus gaspiller son empreinte écologique juste pour son bon plaisir, sachant que la nature est aussi bien mal en point que notre humanité.

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